vendredi 4 décembre 2009

Attention livres sans grand intérêt !!!


Ma liste sera assez courte car heureusement, j'ai assez vite appris qu'il était dangereux de choisir sans avis avisés un inoffensif et joli petit livre de Fantasy sur les rayons des bibliothèques (ce qui est d'ailleurs vrai pour tous les genres). Benoîtement, je pensais qu'il suffisait de piocher au hasard pour découvrir une fantastique histoire que je dévorerais en un clin d'oeil...et bien il faut un sacré hasard pour tomber sur une révélation.
D'ailleurs, je dois dire que les couvertures des éditions de poche sont souvent lamentables. Il ne faut pas compter sur l'illustrateur pour aiguiser notre appétit de lecture et notre curiosité, non, non, ce serait trop facile. Le lecteur doit rester totalement intrigué devant ces dessins très futuristes rappelant davantage la science-fiction que la Fantasy. Les illustrations sont souvent monochromes et presque toujours déconnectées de l'histoire. Mais ont-ils vraiment une idée de l'histoire qu'ils illustrent ? Enfin, les éditions brochées font souvent plus d'efforts et je ne suis pas déçue par les éditions américaines.

Bref, je suis ainsi tombée un jour sur L'Epée de Shannara, la première trilogie, qui ma foi est une réelle copie du Seigneur des Anneaux en mille fois moins bien (au moins). Bien sûr, ça se laisse lire, surtout si on est au collège mais bon, c'est dommage de s'attarder sur ce genre de bouquins. Je ne connais pas d'autres romans de Terry Brooks mais à votre place, je n'essaierais même pas.

Note : 2/10

Titre : L'Epée de Shannara
Auteur : Terry Brooks
Editeur : J'ai lu puis reprise par Bragelonne
Tomes : Trilogie (suivie de nombreux autres tomes)
Genre : Fantasy Tolkien
Ecriture : Aucun style



Je vais maintenant citer des livres qui, je suis sûre, trouveront de vrais défenseurs auprès des lecteurs mais vraiment, je ne peux pas nier le fait que j'ai été déçue.

Le premier est L'Epée de vérité (encore une épée en passant...), longue série de 11 volumes mais, comme vous vous en doutez, je n'ai lu que le premier tome. L'histoire n'est pas vraiment originale avec la magie et la sorcellerie omniprésentes ainsi que les méchantes créatures de l'ombre. Bien sûr, on suit les aventures du jeune Richard qui doit sauver les Terres d'un méchant sorcier mais quelques détails permettent à l'auteur de sortir de la masse.
Ce n'est pas un mauvais bouquin mais je n'ai tout simplement pas été happée par l'histoire. Plus étrange est la fascination morbide de Goodkind pour la sexualité. Je ne laisserais pas ce livre en de jeunes mains car les tortures sado-masochistes occupent une partie non négligeable du livre et tendent à éveiller une sensualité et un voyeurisme dérangeants chez le lecteur (si si je vous assure). Goodkind laisse libre cours à ses fantasmes et perso, c'est le côté sadique qui m'a déplu. De plus, ses héros sont très gamins et on a parfois l'impression de lire un roman pour la jeunesse. Sans compter que leur histoire d'amour n'a rien de subtile.

Note : 4/10

Titre : L'Epée de Vérité
1er tome : La première leçon du sorcier
Auteur : Terry Goodkind
Editeur : Bragelonne, France Loisirs + J'ai lu (1er tome)
Tomes : 11 tomes
Genre : Fantasy magie
Ecriture : Le style de Goodkind est correct.

+ Un livre qui se laisse lire, de l'action, une histoire de sorciers intéressante.

- Le côté pervers de Goodkind. L'histoire n'est tout de même pas assez originale pour qu'on souhaite lire la suite des aventures de Richard et les personnages sont fades et convenus.


Je suis très embarrassée avec un livre pourtant très populaire : Prince d'Ambre de Roger Zelazny. J'avais lu tant de louanges sur ce livre que je me délectais déjà à l'idée de plonger dans ce livre. Mais dès les premières pages, une douche froide ! Je ne sais pas comment est la traduction française mais l'écriture de Zelazny est brute et sans charme. Et son style lapidaire est criant de ridicule ! Il affectionne tout particulièrement les phrases du type : "Je devais lutter contre tant d'ennemis qu'il m'était impossible de triompher. Mais à la fin, je les tuais tous." Non seulement Zelazny occulte la plupart des batailles qu'il juge inutile de raconter (après tout, le héros est un super héros) mais en plus il ne sait pas comment introduire du suspens dans sa narration. Peut-être que Zelazny souhaitait tout simplement parodier la Fantasy et que je n'ai pas su lire le second degré....Quoi qu'il en soit, fait extrêmement rare, j'ai abandonné la lecture au 3/4 du premier volume. Je m'ennuyais ferme à la lecture de ce livre ! Pour moi, ce livre a pas mal vieilli...
Le principe de ce roman, original en soi, est l'existence de mondes parallèles. La Terre et bien d'autres ne sont que des Ombres de la belle Ambre. Les princes et princesses d'Ambre peuvent voyager à travers les Ombres et suite à la mort de leur père engagent une guerre pour la succession. Ambre étant sous un régime féodal, ce roman peut être placé en Fantasy.

Note : 3/10

Titre : Princes d'Ambre
1er tome : Les Neufs princes d'Ambre
Auteur : Roger Zelazny
Editeur : Denoël, Gallimard (Folio SF), Poche SF
Tomes : 2 cycles de 5 tomes
Genre : Fantasy multimondes
Ecriture : Etonnante...de pauvreté

+ Une trame originale

- le style, la narration sans suspens, pas d'identification aux personnages...

L'Assasin royal

♥ Coup de coeur

Je vous livrerai aujourd'hui une autre grande surprise de la Fantasy, bien que nous soyons très loin du style de Tolkien ou de Jordan. La double trilogie de L'Assassin royal (The Farseer trilogy suivie de The Tawny man trilogy en américain) peut même sembler assez éloignée du genre au premier abord. On retrouve en effet l'univers féodal propre à ce genre mais elfes, géants et grosses méchantes bêbêtes ne sont pas au rendez-vous. Avec l'Assassin royal, Robin Hobb fait glisser le voile et nous laisse entrevoir l'entrechambre de la politique royale, les machinations qui se trament en coulisse pour la succession au trône à travers les yeux de Fitzchilvary (Fitzchevalerie), un jeune bâtard entraîné malgré lui dans les méandres de la politique. Je n'en raconte pas plus même si l'histoire est bien plus complexe...

La force et l'originalité de cette oeuvre résident dans le choix de la narration à la première personne. Fitz, que l'on va voir mûrir au cours des tomes, est un garçon sensible et parfois maladroit dans ses sentiments. Alors que le lecteur ne peut s'empêcher de s'attacher à lui, il souhaiterait aussi bien souvent le secouer et lui donner des claques tant il peut être exaspérant. Vous l'aurez compris, Fitz est loin d'être le héros parfait ni l'archétype du jeune homme virile, macho et téméraire. Nombre de ses détracteurs ne peuvent d'ailleurs supporter ses états d'âme mais quel plaisir de suivre un personnage pour une fois crédible. Car oui, ne leur déplaise, les hommes ne sont pas tous sans peur et sans reproches. Certes, Hobb, peu à peu, dévoile aussi son goût pour les histoires d'amour mais il suffit d'écouter autour de nous pour nous apercevoir combien elles sont au coeur de nos vies et préoccupations. En cela, l'auteur ne fait rien que narrer la vraie vie tout en s'assurant de ne pas tomber dans l'eau de rose ni le 'happy ending".
Hobb tisse les noeuds d'une histoire très originale dans un monde convaincant, réaliste et dénué de toute perfection féerique (mais la magie n'est pas complètement absente). L'émotion nous submerge en maints passages et j'ai lu les deux trilogies en un seul souffle. Le lien incroyable qui va se tisser entre Fitz et un ami peu commun contribue à l'originalité et au plaisir de lecture.
Seul bémol peut-être, la fin un peu frustrante et étonnante du 3e volume de la première trilogie mais la seconde (non prévue au préalable) permet d'y remédier. En effet, le 3e volume prend une nouvelle orientation qui m'a surprise et un peu déçue. La magie et la fantaisie rattrapent une histoire plus politique à l'origine. Ce changement d'orientation peut décevoir les amateurs de ce type de roman. Dans la seconde trilogie, ce sont les relations complexes entre Fitz et le fou qui apportent du piment à l'intrigue.
Note : 9/10

Titre : L'Assassin royal
1er tome : L'apprenti assassin
Auteur : Robin Hobb
Editeur : Pygmalion (titre : La Citadelle des ombres) + édition de poche : J'ai lu
Tomes : 6 en édition américaine (2 trilogies), 13 en édition française (pas de découpage en trilogies).
Genre : Fantasy politique
Ecriture : L'écriture de Hobb est très au-dessus de la moyenne du genre ce qui rajoute encore à la qualité de l'oeuvre. J'ai longtemps réussi à faire abstraction du style absolument fade des livres d'horreur à la Stephen King. Je n'arrive plus à passer outre. Je ne connais pas la traduction française mais je crois qu'il y a là encore des couacs, notamment dans le découpage des volumes.

+ : C'est difficile de communiquer mon enthousiasme pour cette oeuvre sans dévoiler l'histoire mais vraiment, c'est un incontournable ! J'ai ri, j'ai frémi, j'ai pleuré (et je ne suis pas une pleurnicheuse devant les films). J'ai trouvé un peu de moi dans Fitz, cette volonté propre à l'homme de se voiler la face. Les hommes avec beaucoup d'amour-propre refuseront certainement de s'identifier à lui et pourtant...

- : Fitz peut agacer, je sais mais malgré tout, on l'aime ! Tout est vu à travers Fitz et oui, il y a une histoire d'amour donc certains trouvent l'histoire un peu mièvre.

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* Crédits photos :
1. Photos du jeux Assassin's Creed forum.gameshots.org
2. Couverture de l'édition américaine Bentam

mercredi 2 décembre 2009

La Roue du temps


♥Coup de coeur


Si je n'avais pas un jour ouvert La Roue du Temps sur les conseils de mon oncle, mon expérience de la fantaisie se serait certainement limitée à Tolkien. Et là ce fut un véritable choc, une expérience de lecture mémorable. Je fus happée dans l'univers de Robert Jordan et une part de mon âme s'y trouve toujours. Bien que des années après j'ai lu des dizaines de volume de cette fresque, je suis toujours aussi émue et impressionnée devant l'imagination de cet auteur.

Jordan est un vrai magicien quand il dépeint la psychologie de ces héros. Il a su les faire évoluer et j'ai grandi avec Rand, Mat et Perrin. La traduction française et les publications ont connu beaucoup d'obstacles et il m'a fallu continuer la série en anglais. Imaginez toute ma motivation pour me lancer dans une telle entreprise. Les débuts furent difficiles et peut-être ai-je laissé échapper quelques passages importants mais dans l'ensemble j'ai réussi à suivre les aventures de mes héros. Il m'a fallu mon arrivée ici, aux States, pour pouvoir m'attaquer aux avants-derniers volumes. C'est aussi ici que j'ai appris la nouvelle que je redoutais tant. Jamais auparavant je n'avais été plus bouleversée par la mort d'un artiste. Jordan s'attelait à la réalisation du dernier tome mais il n'aura pas eu le temps de terminer l'oeuvre de sa vie. Il avait promis qu'il écrirait juste à son dernier souffle et il a tenu sa promesse.

Heureusement, avec le concours de la femme de Jordan, un autre écrivain de fantasy (Brandon Sanderson) travaille sur le dernier tome. J'ai découvert il y a quelques jours que l'avant-avant-dernier tome est sorti fin octobre aux States. Sanderson a finalement besoin de 3 tomes pour clore le cycle.
Je suis très excitée mais j'appréhende aussi la lecture de ce tome. Sera-t-il digne de Jordan ?

Rand, Mat, Perrin, Egwene et Nynaeve voient leur vie bouleversée le jour où une Aes Sedai, femme qui maîtrise le Pouvoir unique, arrive dans leur village. Attaqués par des Trollocs, ils fuient leur village et découvrent peu à peu leur incroyable destin. Rand serait le Dragon Réincarné, un héros de légende qui, seul, à la capacité d'affronter le Ténébreux tandis que les 2 jeunes filles ont le potentiel pour devenir Aes Sedai.

Note : 9/10
Titre : La Roue du temps
Auteur : Robert Jordan
Editeur : Rivages/Fantasy puis Fleuve noir + édition de poche : Pocket
Tomes : 12 en édition américaine, l'édition française a doublé les parutions. Elle est en retard suite aux problèmes d'édition.
Genre : Fantasy à la Tolkien (magie, Dark one, créatures de l'ombre, géants...) mais beaucoup d'originalité.
Ecriture : L'écriture de Jordan est fluide sans être trop insipide. La première traductrice était très décriée, personnellement, je n'avais pas de réels reproches à lui faire. La nouvelle semble encore plus mauvaise...Il semblerait qu'il faille se résoudre à lire la suite en anglais.

+ : Une histoire incroyable et pleine de rebondissements, des personnages attachants et humains, j'ai lu et relu certains tomes, je ne m'en lasse pas. Jordan crée un monde cohérent et riche avec des centaines de personnages. Action et émotion s'entremêlent pour créer un récit époustouflant.

- : Ses détracteurs lui reprochent de faire dans la psychologie, ils souhaiteraient parfois plus d'actions et moins de longueur. Il est vrai que certains tomes sont moins passionnants et que l'histoire s'étiole un peu mais Jordan réussit toujours les coups de théâtre pour nous surprendre.

Sites internet

dimanche 18 octobre 2009

Comment j'ai découvert la Fantasy



Pour inaugurer ce blog, j'aimerais parler d'un genre souvent perçu comme enfantin ou même méprisé car finalement peu connu. Vivant en ce moment aux Etats-Unis, je profite de mon temps libre pour dévorer des livres de Fantasy. En effet, mes lectures, d'ordinaire, se limitent aux classiques et à la littérature pour la jeunesse (cette dernière est indispensable pour mon travail mais elle est très agréable au demeurant).

Comment suis-je tombée dans la marmite bouillonnante de la Fantasy ?
Comme (presque) tous les fans, j'ai découvert Le Seigneur des Anneaux au collège. La lecture de ce grand classique n'était pas facile certes mais incroyablement envoûtante. J'aurais voulu que la série jamais ne s'arrête. Je me suis toujours demandée pourquoi ces mondes inspirés du Moyen-Age et peuplés d'êtres enchantés exerçaient une telle fascination sur les Petits comme les Grands. Je crois que Tolkien a réussi à créer un conte de fée pour adultes. Alors que les contes perdent de leur saveur quand on grandit, la Fantasy offre la même soif d'aventures, de magie et de romances tout en proposant une intrigue complexe et une analyse psychologique de nos héros. Je suis sûre que de grands psychanalystes ont dû se pencher sur ce genre tout comme Propp (La Morphologie du conte) ou Marthe Robert (Roman des origines et origine du roman ) se sont penchés sur les contes et le roman. Quoiqu'il en soit, le succès de la trilogie au cinéma témoigne de notre soif de cet univers.

Alors pourquoi la Fantasy semble-t-elle réservée aux adolescents ou fans de WOW* (*World Of Warcraft) ? Peut-être parce que malgré tout, c'est un genre méconnu et qu'il y a un grand malentendu sur les limites du genre. Non, la Fantasy ne se cantonne pas aux fées, elfes, orques et autres créatures de l'ombre peuplant un univers moyenâgeux fantasmé.
Si c'était le cas, les scénarios s'essouffleuraient très vite, surtout que peu d'auteurs sont capables d'égaler la prose de Tolkien. D'autre part, beaucoup d'écrivains prolifiques publient chaque année de véritables navets, pâles copies du style D&D (Donjons et Dragons) ou de Tolkien. En fait, il existe quelques joyaux pas toujours faciles à dénicher. Les posts suivants vont vous présenter ma sélection.

Bienvenue !

Bienvenue chers lecteurs et lectrices,

Il est parfois si difficile de s'y retrouver dans la jungle des livres... Les critiques professionnels ont souvent la plume acérée et prennent partie là où il n'est pas toujours possible de trancher. Aimer ou ne pas aimer, telle est la question semble-t-il. Pourtant la lecture est une question de coups de coeur et d'émotions qui trouvent écho dans notre propre coeur. Dire pourquoi on apprécie ou non un livre peut être un véritable défi et avec le temps, on oublie souvent pourquoi on garde un si bon souvenir d'une lecture.
Au fil des posts, je voudrais immortaliser la magie de mes lectures pour, peut-être, vous convaincre de les partager. Votre avis m'intéresse aussi même (et surtout ?) s'il diffère !