dimanche 18 avril 2010

Les Portes de la mort


Suite aux conseils et à la chronique de l'excellent blog Imagine...erre d'Arutha, j'ai découvert cette série dont, il est vrai, on entend peu parler.
Longtemps laissés aux placards ( car à consommer avec modération ), les personnages on ne peut plus classique de la Fantasy : elfes, sorciers, nains ont donc à nouveau peuplé mes lectures. Cependant, le mérite de Margaret Weis et Tracy Hickman est de ne pas avoir abusé des emprunts au monde de l'héroic Fantasy. Sans se prendre trop au sérieux, ils jouent avec les codes de ce genre pour nous offrir une histoire originale, dynamique et très agréable à lire.

Il s'agit, malheureusement comme dans toute société, d'une lutte de pouvoir intestine entre deux races aux pouvoirs magiques surhumains. L'une et l'autre font figure de dieux pour les races jugées inférieures : humains, nains et elfes (les menschs). Menacés par les Patryns qui affichent leur volonté de domination, les Sartans décident d'éclater le monde en 7 univers. Les Patryns sont enfermés dans un labyrinthe censé faire office de purgatoire. Les autres races sont réparties entre 4 univers, conçus au préalable pour être interdépendants. Mais les tout-puissants Sartans vont peu à peu péricliter, rien ne va se passer comme prévu et les Patryns vont réussir à sortir de leur prison.
Nous suivons les aventures d'Haplo, un Patryn envoyé par son seigneur visiter les 4 univers à travers la Porte de la mort. Rongés par la haine contre les Sartans, leur but est de les anéantir et d'asservir les autres races. Mais très vite, cette mission va devenir un véritable voyage initiatique pour Haplo. Qui apprend le plus de ce voyage ? Lui ou les menschs ? Qui est le véritable ennemi ? Les Sartans ou la peur, la haine et les préjugés ?

De chaque tome, il émane une tonalité et ambiance particulières
- L'Aile du dragon (sur Arianus) est peut-être le plus classique : machinations politiques, elfes, assassin qui devient héros... beaucoup d'actions et une curiosité qui s'éveille.
- L'Etoile des elfes (sur Pryan) est plus insolite, plus sombre aussi, bien que le personnage de Zifnab amène un côté loufoque. Je ne suis pas fan des références à notre monde (Tolkien, Pern, James Bond...) mais certains peuvent aimer.
- La Mer de feu est sans conteste le plus noir des 7 volumes. Certainement le plus angoissant et le moins agréable à lire.
- Le Serpent mage introduit une nouvelle menace et change la donne.
- La Main du chaos syncrétise tous les personnages et univers précédents. C'est l'heure des choix pour les héros.
- Voyage au fond du labyrinthe est le retour aux origines pour Haplo. Son expérience fait de lui un étranger parmi son propre peuple.
- La Septième porte place Alfred et Haplo face à un dilemne : les Menschs seront-ils toujours la proie des Sartans et des Patryns ?

Certes, Les Portes de la mort n'est pas la révélation tant espérée en Fantasy mais elle sait se distinguer du lot, d'une part par son sujet plutôt surprenant et original, d'autre part par ses personnages attachants (mention spéciale pour Alfred et Haplo). L'action est au rendez-vous et dès le 4e tome, un rebondissement modifie la destinée des personnages et insuffle une nouvelle énergie à l'intrigue. Les auteurs mettent en place une réflexion sur le pouvoir, un peu caricaturale il est vrai, mais intéressante. De toute façon, il ne faut pas y chercher de profondes méditations sur l'univers, c'est avant tout une histoire bien menée et un très bon divertissement.

Note : 7,5/10


Titre : Les Portes de la mort (Death Gate)
Tome 1 : L'Aile du dragon (Dragon wing)
Auteur : Margaret Weis & Tracy Hickman
Editeur : Presse pocket
Tomes : 7 tomes
Genre : Fantasy / univers
Ecriture : Simple

+ Des personnages qui évoluent. De l'action à toutes les pages. Un univers original.

- Zifnab, le personnage farfelu. Parfois un peu "téléphoné".


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vendredi 16 avril 2010

Le Prince du néant (tomes 2 &3)


J'étais très excitée à l'idée de reprendre la lecture de cette trilogie, après un premier tome très prometteur. C'est sans conteste une série de qualité et originale.
J'apprécie l'intelligence de Baker, lorsque nous pourrions lui reprocher quelques longueurs ou voir notre intérêt commencer à s'effriter, il sait toujours nous concocter de palpitants rebondissements adroitement prémédités.
J'apprécie aussi les réflexions profondes des personnages sur eux-mêmes, leur évolution et leur perception de la religion.
Alors oui, Baker prend son temps pour faire avancer la sainte croisade et c'est dur d'attendre la fin du dernier volume pour enfin rencontrer Shimeh et le père de Kellhus... surtout que la fin tant attendue n'est pas réellement au rendez-vous. Clairement, l'auteur avait en tête sa seconde trilogie d'où cette absence de dénouement satisfaisant (quid de l'apocalypse ?) C'est dommage... après 3 volumes d'attente !
Qu'en est-il de l'envoûtement ressenti lors de la lecture du premier tome ? Alors que je commençais enfin à bien cerner les différentes factions, une partie de la magie et du mystère se sont aussi évaporées. Peu à peu, le Consult qui me semblait si terrible et effrayant est apparu vulnérable finalement, tout comme l'incroyable et mystérieux Kellhus, juste humain et donc susceptible de faire des erreurs. Les comparaisons au Christ, bien qu'indirectes, sont très présentes et nous ramène en terrain connu.
Je ne peux donc cacher une petite déception : si j'ai lu ces 2 volumes avec beaucoup de plaisir, je ressens aussi cette amertume au fond de moi, l'impression que Backer aurait pu réaliser un chef-d'oeuvre et frôler la perfection.

(Pour le synopsis général, voir Le Prince du néant (tome 1))

Note : 8/10

Titre : Le Prince du Néant
Tome 2 : Le Guerrier prophète (The Warrior-Prophet)
Tome 3 : Le Chant des sorciers (The Thousandfold Tought)
Auteur : R. Scott Baker
Editeur : Fleuve noir + Pocket
Tomes : Trilogie. 2 tomes parus en France. Bakker a initié une nouvelle trilogie The Second Apocalypse dont les événements prennent place 20 ans après. Le 1er tome américain est sorti.
Genre : Fantasy politique/religieuse
Ecriture : Superbe mais difficile

+ La place de la religion, un monde fascinant aux peuples très différents, l'écriture, les personnages très humains.

- L'aspect philosophique vient retarder l'action. On peut tout à fait trouver cette saga ennuyeuse si l'on recherche des grosses batailles et de l'action à toutes les pages.
L'absence de vraie fin.


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lundi 1 février 2010

Le Clan des Otori : la préquelle

Ayant oublié ma liste de lecture lors de mon passage à la bibliothèque, je me suis rappelé qu'il y avait une préquelle au Clan des Otori : Le Fil du destin. J'avais justement besoin d'un livre facile à lire qui comblerait l'intervalle entre Le Prince du néant et Les Portes de la mort.
Curieusement, je fus plutôt agréablement surprise ! Ma critique de la série était peut-être un peu sévère mais les coups de foudre du type "Et leurs yeux se rencontrèrent"ont tendance à m'exaspérer. Le style et la narration de Lian Hearn ont indubitablement mûri. Le personnage de Shigeru Otori est infiniment plus attachant que celui de Takeo à mon goût car moins "gamin". J'ai pris un vrai plaisir à lire ce tome. Cependant, ce n'est pas là de la grande Fantasy mais un livre qui ravivera les adolescents.

Note : 6,5/10

Titre : Le Fil du destin (Heaven's net is wide)
Tome 5 Le Clan des Otori
Auteur : Lian Hearn
Editeur : Gallimard jeunesse + Gallimard Folio
Tomes : 5 tomes anglais dont une préquelle
Genre : Fantasy Japon
Ecriture : écriture simple et agréable


dimanche 31 janvier 2010

La Forêt des Mythagos

Le souvenir de cette lecture est curieusement entaché par une sensation de malaise.
Ce livre évoque les forces et les instincts primaux et ce n'est pas sans une certaine angoisse que nous pénétrons dans la forêt de notre esprit.
Dès les premières lignes, j'ai perçu l'écho d'une autre lecture : Prince d'Ambre. Peut-être est-ce le choix de l'écriture à la première personne et l'impression de l'existence d'un autre monde. Pourtant, la Forêt des Mythagos s'en éloigne à bien des égards. Robert Holdstock n'a guère besoin de grands discours pour susciter la curiosité du lecteur qui se trouve très vite envoûté par la magie des mots et l'étrange pouvoir de cette forêt. Fascination et répulsion, les contraires se croisent pour créer une expérience unique.
La lecture est donc intéressante à tous points de vue mais étrangement, je ne souhaite pas continuer ce qui est devenu une série. Ce livre peut former un tout à lui tout seul premièrement et puis je ne peux me départir d'un arrière-goût amer difficile à expliquer. C'est une oeuvre à part, qui m'a séduite par son mystère et son originalité, son style propre et une certaine réflexion sur les légendes mais qui dérange aussi, refusant aux lecteurs le confort habituel de la Fantasy. Pas d'émerveillement pour moi mais plutôt une peur latente...

Alors que George Huxley s'est installé en France à la fin de la seconde guerre mondiale, il reçoit un jour une lettre de son frère resté dans le cottage familial, à l'orée de la forêt de Ryhope en Angleterre. Ce dernier l'informe de la mort de son père et de son mariage. Un an après, George se décide enfin à rendre visite à son frère et à retrouver les traces d'un père peu aimant. Il va découvrir un frère vieilli et obsédé par la forêt, objet de recherche de leur père. Des personnages barbares, tout droit sortis de l'imaginaire collectif, y apparaissent mystérieusement, des êtres que le journal paternel nomme les Mythagos.

Note : 6/10

Titre : La Forêt des Mythagos
Tome 1 : La Forêt des Mythagos
Auteur : Robert Holdstock
Editeur : La Découverte puis Denoël + Gallimard (Folio SF)
Lunes d'encre propose un intégrale en 2 volumes.
Tomes : 7 tomes anglais dont une préquelle, 4 tomes français
Genre : Fantasy mythique
Ecriture : écriture poétique

+ Une atmosphère bien particulière renforcée par un style envoûtant.
Des idées originales.
- L'histoire perd de son originalité au fil de la lecture.


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lundi 14 décembre 2009

Le Cycle d'Elric


Alors que les auteurs faisaient preuve d'imagination et élaboraient des mondes et héros différents, des sous-genres ont commencé à apparaître pour étiqueter tous ces styles "fantasiesques". Les deux plus connus et plus représentés sont certainement la High Fantasy (ou Epic Fantasy) : Tolkien, Jordan, Martin.... et la Sword&Sorcery Fantasy dont l'illustre précurseur n'est autre que Robert E. Howard avec Conan le Barbare. Petite fille, j'avais regardé avec fort grand intérêt le costaud Schwarzy incarné ce héros devenu légende. J'ai conscience qu'aujourd'hui je serais certainement bien déçue en revisionnant ces films.
Par curiosité, j'ai donc décidé d'emprunter la première partie du Cycle d'Elric de Michaël Moorcock pour découvrir les charmes de la Sword&Sorcery. Comme le nom l'indique, les lecteurs sont en droit d'attendre les aventures d'un super-héros dont la fidèle épée et la magie viennent à bout de tous les obstacles. Elric, contrairement à Conan, s'est voulu l'incarnation de l'anti-héros. Personnellement, même si Elric est un personnage tourmenté, même si ses aventures ne se terminent jamais comme prévu, j'ai dû mal à le voir comme un anti-héros. Tel un magicien (qu'il est d'ailleurs), il sort toujours un lapin de son chapeau pour se sortir d'un mauvais pas et comme par hasard, lui et un autre compagnon sortent toujours indemnes de ses multiples aventures. Le schéma narratif me rappelle celui de L'Odyssée, Ulysse voit peu à peu tous ses amis et son équipage périrent tandis qu'avec l'aide de la déesse Athéna, il parvient toujours à s'échapper. Seulement L'Odyssée a la préséance sur Elric et la poésie pour en faire une oeuvre unique...

Elric ne siège pas sans doutes et sans reproches sur le trône de Ménilboné. Albinos et maladif, il survit grâce à des cocktails de plantes. A sa faiblesse physique, certains lui reconnaissent une faiblesse de caractère car contrairement à son peuple, Elric est philosophe et connaît la pitié. Il s'interroge sur sa capacité à gouverner et à rétablir la forcedéclinante de son île. Son cousin, digne représentant de sa race, convoite le trône et méprise Elric.
En quête de lui-même, Elric décide donc d'explorer les Young Royaumes, promettant à sa fiancée de revenir dans une année. Il laisse ainsi son cousin gouverner Ménilboné, malgré sa perfidie. A l'aide de son épée Stormbringer et de Chaos, une instance divine, Elric affronte de nombreux dangers pour assouvir sa soif de connaissances.

Elric se laisse lire avec un certain plaisir car la prose est agréable mais très vite le schéma répétitif des nombreuses quêtes du héros m'ont lassé. Entre l'épée magique, l'intervention divine, la magie ou l'apparition d'un allié, les dénouement n'offrent pas une grande variation. A réserver aux fans de ce genre...

Note : 5/10
Titre : Le Cycle d'Elric
Tome 1 : Elric Saga Part I (Elric of Melnibone, The Sailor on the Seas of Fate, The Weird of the White Wolf) Premier tome français : Elric des Dragons
Auteur : Michaël Moorcock
Editeur : Omnibus, Fleuve noir + Pocket
Tomes : Le nombre dépend des éditions (9 en Pocket)
Genre : Sword&Sorcery
Ecriture : Plutôt bien écrit

+ Livre agréable à lire

- Peu d'originalité


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Crédits photos
1. Image trouvée sur le site http://www.stormbringer.net/elric.html