dimanche 31 janvier 2010

La Forêt des Mythagos

Le souvenir de cette lecture est curieusement entaché par une sensation de malaise.
Ce livre évoque les forces et les instincts primaux et ce n'est pas sans une certaine angoisse que nous pénétrons dans la forêt de notre esprit.
Dès les premières lignes, j'ai perçu l'écho d'une autre lecture : Prince d'Ambre. Peut-être est-ce le choix de l'écriture à la première personne et l'impression de l'existence d'un autre monde. Pourtant, la Forêt des Mythagos s'en éloigne à bien des égards. Robert Holdstock n'a guère besoin de grands discours pour susciter la curiosité du lecteur qui se trouve très vite envoûté par la magie des mots et l'étrange pouvoir de cette forêt. Fascination et répulsion, les contraires se croisent pour créer une expérience unique.
La lecture est donc intéressante à tous points de vue mais étrangement, je ne souhaite pas continuer ce qui est devenu une série. Ce livre peut former un tout à lui tout seul premièrement et puis je ne peux me départir d'un arrière-goût amer difficile à expliquer. C'est une oeuvre à part, qui m'a séduite par son mystère et son originalité, son style propre et une certaine réflexion sur les légendes mais qui dérange aussi, refusant aux lecteurs le confort habituel de la Fantasy. Pas d'émerveillement pour moi mais plutôt une peur latente...

Alors que George Huxley s'est installé en France à la fin de la seconde guerre mondiale, il reçoit un jour une lettre de son frère resté dans le cottage familial, à l'orée de la forêt de Ryhope en Angleterre. Ce dernier l'informe de la mort de son père et de son mariage. Un an après, George se décide enfin à rendre visite à son frère et à retrouver les traces d'un père peu aimant. Il va découvrir un frère vieilli et obsédé par la forêt, objet de recherche de leur père. Des personnages barbares, tout droit sortis de l'imaginaire collectif, y apparaissent mystérieusement, des êtres que le journal paternel nomme les Mythagos.

Note : 6/10

Titre : La Forêt des Mythagos
Tome 1 : La Forêt des Mythagos
Auteur : Robert Holdstock
Editeur : La Découverte puis Denoël + Gallimard (Folio SF)
Lunes d'encre propose un intégrale en 2 volumes.
Tomes : 7 tomes anglais dont une préquelle, 4 tomes français
Genre : Fantasy mythique
Ecriture : écriture poétique

+ Une atmosphère bien particulière renforcée par un style envoûtant.
Des idées originales.
- L'histoire perd de son originalité au fil de la lecture.


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lundi 14 décembre 2009

Le Cycle d'Elric


Alors que les auteurs faisaient preuve d'imagination et élaboraient des mondes et héros différents, des sous-genres ont commencé à apparaître pour étiqueter tous ces styles "fantasiesques". Les deux plus connus et plus représentés sont certainement la High Fantasy (ou Epic Fantasy) : Tolkien, Jordan, Martin.... et la Sword&Sorcery Fantasy dont l'illustre précurseur n'est autre que Robert E. Howard avec Conan le Barbare. Petite fille, j'avais regardé avec fort grand intérêt le costaud Schwarzy incarné ce héros devenu légende. J'ai conscience qu'aujourd'hui je serais certainement bien déçue en revisionnant ces films.
Par curiosité, j'ai donc décidé d'emprunter la première partie du Cycle d'Elric de Michaël Moorcock pour découvrir les charmes de la Sword&Sorcery. Comme le nom l'indique, les lecteurs sont en droit d'attendre les aventures d'un super-héros dont la fidèle épée et la magie viennent à bout de tous les obstacles. Elric, contrairement à Conan, s'est voulu l'incarnation de l'anti-héros. Personnellement, même si Elric est un personnage tourmenté, même si ses aventures ne se terminent jamais comme prévu, j'ai dû mal à le voir comme un anti-héros. Tel un magicien (qu'il est d'ailleurs), il sort toujours un lapin de son chapeau pour se sortir d'un mauvais pas et comme par hasard, lui et un autre compagnon sortent toujours indemnes de ses multiples aventures. Le schéma narratif me rappelle celui de L'Odyssée, Ulysse voit peu à peu tous ses amis et son équipage périrent tandis qu'avec l'aide de la déesse Athéna, il parvient toujours à s'échapper. Seulement L'Odyssée a la préséance sur Elric et la poésie pour en faire une oeuvre unique...

Elric ne siège pas sans doutes et sans reproches sur le trône de Ménilboné. Albinos et maladif, il survit grâce à des cocktails de plantes. A sa faiblesse physique, certains lui reconnaissent une faiblesse de caractère car contrairement à son peuple, Elric est philosophe et connaît la pitié. Il s'interroge sur sa capacité à gouverner et à rétablir la forcedéclinante de son île. Son cousin, digne représentant de sa race, convoite le trône et méprise Elric.
En quête de lui-même, Elric décide donc d'explorer les Young Royaumes, promettant à sa fiancée de revenir dans une année. Il laisse ainsi son cousin gouverner Ménilboné, malgré sa perfidie. A l'aide de son épée Stormbringer et de Chaos, une instance divine, Elric affronte de nombreux dangers pour assouvir sa soif de connaissances.

Elric se laisse lire avec un certain plaisir car la prose est agréable mais très vite le schéma répétitif des nombreuses quêtes du héros m'ont lassé. Entre l'épée magique, l'intervention divine, la magie ou l'apparition d'un allié, les dénouement n'offrent pas une grande variation. A réserver aux fans de ce genre...

Note : 5/10
Titre : Le Cycle d'Elric
Tome 1 : Elric Saga Part I (Elric of Melnibone, The Sailor on the Seas of Fate, The Weird of the White Wolf) Premier tome français : Elric des Dragons
Auteur : Michaël Moorcock
Editeur : Omnibus, Fleuve noir + Pocket
Tomes : Le nombre dépend des éditions (9 en Pocket)
Genre : Sword&Sorcery
Ecriture : Plutôt bien écrit

+ Livre agréable à lire

- Peu d'originalité


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Crédits photos
1. Image trouvée sur le site http://www.stormbringer.net/elric.html

vendredi 11 décembre 2009

Liste des oeuvres




Par titre


Le Clan des Otori


Je m'interroge souvent sur les raisons qui président au plaisir de toute lecture. Pourquoi la magie se crée-t-elle parfois et pourquoi malgré toutes ses qualités un livre peut-il nous sembler médiocre. Rares sont les livres qui me transportent et qu'il m'est impossible de reposer. Ces livres sont si puissants qu'il me faut plusieurs jours pour m'abstraire du monde mystérieux dans lequel j'ai réellement vécu pendant ma lecture. C'est un plaisir incomparable que je n'échangerais pour rien au monde. Curieusement, je vois des raisons intrinsèque et extrinsèque au livre lui-même.
La qualité de l'histoire, sa mise en récit, l'écriture jouent un rôle de choix, mais ces qualités ne suffisent pas à expliquer mes coups de coeur. En écrivant mes dernières critiques, j'ai réalisé combien la psychologie des personnages et la capacité d'identification jouaient un grand rôle dans mes préférences. Je suis toujours sensible aux histoires qui m'émeuvent, bien que je ne supporte par les romances mielleuses et le romantisme bon marché. Pourtant, malgré toutes mes désillusions sur mon romantisme de jeunesse, j'ai peur d'avoir gardé un coeur trop tendre.
Un autre paramètre est l'âge auquel on a découvert un livre. C'est incroyable comme les livres lus dans l'enfance et l'adolescence nous marquent à jamais. De ce fait, l'ordre de découverte des livres est tout aussi primordial. Les premiers livres ont toujours le charme et la saveur de la nouveauté.
Ces dernières années, j'ai vu mes goûts en Fantasy aussi évoluer et mûrir. Alors que j'aurais pu me satisfaire autrefois d'un Eragon ou d'un Twilight, je m'aperçois maintenant combien il existe de littératures plus puissantes et nourrissantes. Comme pour tous les genres littéraires, il faut s'abreuver longtemps à la source pour en apprécier toutes les subtilités.
Le Clan des Otori rentre dans cette catégorie de livres qui émerveillent les débutants mais qui ne peuvent pleinement satisfaire les lecteurs chevronnés. Il se laisse lire avec facilité et même avec plaisir mais il a la griffe des romans pour la jeunesse, il manque de profondeur. Lian Hearn a fait de nombreuses recherches sur le Japon des Grands Seigneurs, pourtant, l'esprit n'y est pas. Pourquoi n'ai-je pas réussi une seule fois à imaginer des personnages aux traits japonais durant ma lecture ? C'est certainement symptomatique de l'échec de Hearn, le Japon n'est qu'un décor dans ce livre et on pourrait très bien le remplacer par un féodalisme européen.
Si vous cherchez un livre plaisant, une belle histoire vivante et sans complexité, ce livre est pour vous. Sinon, passez votre chemin...

Le seigneur Iida Sadamu, fort de sa victoire sur le clan des Otori, fait asseoir sa volonté et décide l'extermination de la paisible secte des Hidden. Le seigneur Shigeru du clan des Otori sauve le jeune Takeo lors du massacre de son village et décide d'en faire son héritier. Mais le jeune garçon va attirer l'attention de la Tribe, une communauté discrète et puissante d'assassins, alors qu'il développe de curieux dons. Takeo, déchiré entre plusieurs filiations, tient le destin des Three Countries entre ses mains.

Note : 5,5/10

Titre : Le Clan des Otori
Tome 1 : Le Silence du rossignol
Auteur : Lian Hearn
Editeur : Gallimard jeunesse + Gallimard Folio
Tomes : 5 tomes et une préquelle.
Genre : Fantasy Japon
Ecriture : Assez simple et facile à lire, parfois poétique.

+ L'univers japonisant, une jolie histoire.

- A réserver aux débutants en Fantasy et aux jeunes lecteurs.


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mercredi 9 décembre 2009

Le Prince du néant (tome 1)

Je commence une fiche sur cette trilogie mais j'en reparlerai, cela est sûr. J'ai en effet interrompu ma lecture au premier tome pour problème logistique plus que par désintérêt. Je dois commander par avance le tome 2 à la communauté de bibliothèques (système moderne et pratique au demeurant) de l'ouest Michigan et j'ai toujours la fâcheuse tendance à me rendre à la bibliothèque sur un coup de tête.

Lorsque je repense au Prince du Néant (The Prince of nothing), je me sens aussitôt transportée dans un univers à part, envoûtant. R. Scott Bakker a réussi à m'embarquer dans un univers oriental fantasmé, là où Lian Hearn a échoué. Bakker est un vrai magicien des mots, ces mêmes mots semblant créer à loisir un monde mystérieux dont il est difficile de s'extraire. J'avoue avoir été étonnée par la difficulté avec laquelle je déchiffrais sa prose mais une fois propulsée dans son monde, j'appréciai son style sans pareil. Bakker ponctue aussi son récit de questionnements métaphysiques et philosophiques, Le Prince du Néant est donc un livre aux multiples dimensions. Le livre est assez sombre donc bien loin de l'univers féérique habituel. Ce n'est pas un livre facile à lire, surtout en VO, mais l'effort en vaut la peine.
J'ai vu ce livre parfois comparé au Livre Malazéen....pourtant, Bakker a une toute autre classe et plus d'originalité à mon sens. Surtout, ces 2 sagas n'ont réellement rien à voir. Leur seule similitude est peut-être leur appartenance à la cour des grands, il n'est pas question de Fantasy commercial.
L'histoire est assez complexe également et il m'est arrivé au début de me perdre dans les différentes factions religieuses et politiques. Mais là encore, la VO crée un obstacle supplémentaire.
A suivre...

Une fois n'est pas coutume, j'ai pris le synopsis de l'éditeur Fleuve noir :
Maithanet, chef suprême de la caste religieuse des Mil Temples, appelle à la Guerre sainte contre les Fanim, les seigneurs de la ville sacrée de Shimeh. Au cœur de cette tourmente, Achamian, un sorcier-espion, est envoyé en mission afin de découvrir ce que trame Maithanet. Très vite, il devine qu'une étrange créature légendaire, la Consulte, œuvre au sein même de la Croisade qui s'annonce. Aidé par un guerrier et un moine aux mystérieuses origines, Achamian devra conclure une alliance impossible pour lutter contre cette guerre sans merci.


Note : 8/10

Titre : Le Prince du Néant
Tome 1 : Autrefois les Ténèbres (The Darkness that comes before)
Auteur : R. Scott Baker
Editeur : Fleuve noir + Pocket
Tomes : Trilogie. 2 tomes parus en France. Bakker a initié une nouvelle trilogie The Second Apocalypse dont les événements prennent place 20 ans après. Le 1er tome américain est sorti.
Genre : Fantasy politique/religieuse
Ecriture : Superbe mais difficile

+ La place de la religion, un monde fascinant aux peuples très différents, l'écriture, les personnages très humains.

- L'aspect philosophique vient retarder l'action. On peut tout à fait trouver cette saga ennuyeuse si l'on recherche des grosses batailles et de l'action à toutes les pages.


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